Fusion des universités Paris-Est Créteil et Paris-Est Marne-la-Vallée

Article tiré du journal Le Monde.

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« Nous avons, en quelque sorte, fait notre demande en mariage, mais le calendrier et le contrat restent à définir : c’est l’objet de notre mandat », résume Gilles Roussel, président de l’université de Paris-Est Marne-la-Vallée (Upem), à propos de son union future avec Paris-Est Créteil (Upec). Elles ont, d’une même voix, annoncé, le 18 février, que leur conseil d’administration avaient donné mandat aux présidents de poursuivre la stratégie élaborée en 2012 en vue de créer, par leur fusion, « une grande université dans l’Est francilien » qui accueillera 41 000 étudiants, « une taille qui reste raisonnable », pour M. Roussel.

L’Upec et l’Upem sont, depuis sept ans, associées dans un Pôle de recherche de l’enseignement supérieur (Pres), devenu, en juillet 2013, une Communauté d’Universités et d’Etablissements (Comue). Les deux entités ont l’habitude de travailler ensemble, par exemple dans la recherche, avec trois projets de laboratoires d’excellence, une société commune d’accélération des transferts de technologie (SATT) et une école doctorale partagée. « Mais nous avons besoin d’aller plus loin et de dépasser certaines barrières administratives, notamment dans les échanges d’enseignants chercheurs », argumente M. Roussel.

« Il s’agit de créer un tout nouvel établissement, pour répondre aux besoins croissants de notre secteur, peu doté en universités et en grandes écoles », détaille son homologue de l’Upec, Jean-Luc Hittinger. L’Upec a d’ailleurs, pour répondre à cette préoccupation, ouvert une antenne de sa fac de médecine pour les étudiants de Seine-et-Marne à Torcy, c’est-à-dire à mi-chemin des deux campus.

Harmoniser l’offre de formation mais servir le territoire

Pour faciliter les passerelles, Upec et Upem ont déjà harmonisé leurs méthodes d’évaluation et de contrôle des connaissances et leurs laboratoires sont dotés d’une charte commune de fonctionnement. Elles envisagent, en outre, le regroupement de certains masters à petits effectifs et même de véritables fusions de filières, comme c’est déjà le cas avec l’Institut d’Administration des Entreprises Gustave Eiffel. Les deux universités uniront par exemple leurs expertises à l’Institut d’Urbanisme de Paris, bientôt installé à la Cité Descartes, à Marne-la-Vallée. « Il s’agit de donner une autre envergure à nos projets de recherche, de formation des enseignants, de développement de l’apprentissage mais aussi d’offre de formation continue », conclut M. Hittinger.

« Nous savons bien qu’une telle fusion ne permet pas d’économies mais coûte de l’argent dans un premier temps et nous espérons que le ministère nous accompagne dans ce processus », rappelle M. Roussel. La perspective de fusion sera, en effet, inscrite dans les objectifs du contrat quinquennal 2015-2020 que chaque université conclut séparément avec le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche.

La question de l’éloignement et de l’éparpillement des sites sera en bonne partie résolue grâce à l’arrivée de la ligne 15 de métro Sud Grand Paris, annoncée en 2020, qui permettra une liaison directe, en moins d’un quart d’heure, d’un site à l’autre. D’ici là, il faut se contenter d’une ligne de bus.

Isabelle Rey-Lefebvre

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